Pervers narcissique ? Qu’est-ce que c’est ?

Le manipulateur et sa marionnette
  • Le pervers narcissique est-il fou ?
  • Pourquoi est-il aussi toxique ?
  • Que recherche-t-il en agissant comme il le fait ?
  • Peut-on donner une définition du pervers narcissique ?

A mi-chemin entre normalité et folie, le pervers narcissique a un fonctionnement qui lui est propre et si éloigné du notre qu’il est difficile à appréhender. C’est un personnage hautement toxique qu’il est bon de savoir repérer pour ne pas tomber dans ses griffes !

Une tentative de définition du pervers narcissique

Un état « limite »

La perversion narcissique est une notion relativement récente (elle est apparue en 1986 sous la plume du psychiatre et psychanalyste Paul-Claude Racamier).

Le pervers narcissique appartient à la catagorie des états limites. C’est à dire qu’il se situe entre la structure névrotique (mode de fonctionnement des personnes saines et équilibrées) et la structure psychotique (trouble psychique dans lequel le sujet est en rupture avec la réalité, autrement dit les maladies mentales). Dans les états limites, les personnes ont l’air normal, mais elles vivent dans un état d’insécurité profonde. Elles ont une angoisse d’abandon et la construction de leur identité est insuffisante.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la perversion narcissique ne serait pas une maladie mentale, mais une structure (une construction) psychique. Et donc, cela ne se soignerait pas ! Même si sur ce point les spécialistes en psychiatrie et en psychologie ne s’accordent pas tous, je vous déconseille d’essayer de changer un pervers narcissique. Cela n’est pas de votre ressort et vous y laisseriez au mieux votre santé mentale, au pire votre vie.

Pervers ? Narcissique ?

Comme son nom l’indique, ce fameux PN (pervers narcissique) a 2 caractéristiques. Ou plutôt, il conjugue 2 tares, pour dire les choses de façon plus directe: le narcissisme et la perversion. Je vais définir ces 2 notions.

  • Dans la pathologie narcissique, la personne voue un culte à elle-même, à son image. Elle est égocentrique et a un besoin excessif d’admiration. La personne narcissique se sent supérieure aux autres et souffre d’un manque empathie. L’autre lui sert de miroir, il est manipulé au gré de ses besoins.
  • Une personne perverse prend plaisir à faire souffrir. C’est un sadique qui n’a aucun sens moral, qui n’a aucune considération pour autrui. Elle est incapable de faire preuve d’empathie ou de culpabilité. Elle n’obéit qu’à ses pulsions sans se soucier du mal qu’elle  cause.
  • Un pervers narcissique est donc « quelqu’un » qui a une faille narcissique, une très mauvaise image de lui-même et qui se valorise en rabaissant et en faisant souffrir une autre personne. Plus l’autre souffre, plus il a un sentiment de grandeur.

Le fonctionnement du pervers narcissique

Tous les PN ont le même fonctionnement psychique, assez tordu et finalement plutôt simpliste, mais surtout erroné et complètement inadapté aux relations humaines.

Un personnage sans identité et immature

Le pervers narcissique a vécu durant son enfance des événements qu’il a jugé traumatisants. Pour se protéger de sa souffrance, il s’est coupé de ses émotions, comme s’il devenait un objet. Son développement psychique s’est arrêtée à ce moment-là, par conséquent il n’a pas finit de se construire comme sujet à part entière. Il est resté bloqué sur un développement infantile même si physiquement il a continué à grandir. Devenu adulte,il reste incapable de renouer avec ses émotions et sa vie intérieure est inexistante. C’est donc une coquille vide et inhumaine.

C’est pourquoi il est toujours en représentation. Il agit comme un robot incapable de changer sa programmation et répétant sans cesse le même schéma manipulatoire: séduction / emprise / destruction. La plupart des réactions émotionnelles qu’il donne à voir sont jouées. En effet, il a appris que dans telle situation il faut montrer de la tristesse, dans telle autre de la joie etc.  Il porte des masques, qu’il change au gré des circonstances et de ses stratégies. Ses préférés sont ceux de la séduction et de la victime. Mais sous son masque, c’est le néant. Il est incapable de nouer des relations avec les autres et encore plus incapable d’aimer, il n’est pas équipé pour ça.

Le culte du « Moi »

Les délire de grandeur et d’invulnérabilité du pervers narcissique ont un seul but : cacher à tout prix, aux autres mais surtout à lui-même, cette immense faille narcissique qu’il dénie.

Le PN a besoin de paraître, d’être admiré. Pour cela, il soigne son image. Dans un groupe, il s’impose souvent comme le leader. C’est quelqu’un qui aime les postes à pouvoir, qui veut être remarqué, admiré. Il cherche à devenir comme le meilleur ! Ecraser les autres pour y parvenir n’est pas un problème, mentir non plus. D’ailleurs quand on l’écoute on dirait qu’il a vécu mille vies pour avoir accompli tout ce qu’il dit avoir fait. Il est avide de reconnaissance. Toutes les conversations doivent tourner autour de lui. Et gare à celui qui se permettrait une critique ou une remarque ! Il ne supporte pas qu’on le dévalorise et fait preuve d’une susceptibilité excessive.

Une incapacité à nouer des relations humaines

Dans sa relation à l’autre, le PN ne fera jamais preuve d’empathie ou de remords. Il ne peut tout simplement pas car au niveau cérébral les zones concernées ne sont pas activées. L’autre sera toujours là uniquement pour servir ses intérêts. Et c’est logique puisque pour un pervers narcissique l’autre n’est pas un sujet mais un objet.

Avec sa victime, qui est le plus souvent son (sa) conjoint(e), le pervers narcissique se comporte comme un vampire-persécuteur.

  • Le vampire :le pervers narcissique va tenter d’aspirer les qualités, l’identité et les réussites de sa proie. De cette façon il espère combler son vide intérieur.
  • Le persécuteur: le PN se sert de sa victime comme réceptacle de sa propre haine. Il projette sur elle tous ses défauts, sa noirceur, ses échecs, ses angoisses. Les psychanalystes appellent ce mécanisme l’identification projective. L’autre servira finalement de bouc-émissaire jusqu’à ce qu’il soit bon à jeter car le « jouet est cassé », ou qu’il ait la force de s’enfuir. Et plus la victime souffre, plus l’estime du pervers sera nourrie.

Enfin, si vous souhaitez connaître les signes qui vous aideront à repérer un pervers narcissique dans le couple, je vous conseille de faire ce test. (clic)

Pour conclure, je vous laisse réfléchir à la citation suivante d’un célèbre psychanalyste:

On ne devient pas pervers, on le demeure.

Sigmund Freud

Prenez soin de vous.

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Une réflexion sur « Pervers narcissique ? Qu’est-ce que c’est ? »

  1. Bonjour,
    Je viens de comprendre pourquoi cela fait dix ou plutôt douze ans que je tente de comprendre une personne avec laquelle j’ai vécu le pire et le meilleur. La seule théorie du mécanisme sans empathie me glace et pourtant c’est ce que j’ai encore en face.
    Il est très difficile d’entendre qu’une personne puisse exister et évoluer sans âme.
    C’est pour cela que se produit un beug chez la personne normale et victime et je le répète très difficile.
    Pourtant le manque total d’empathie et tel un requin il emmène sa proie dans de sombres profondeurs.
    La conscience des choses est déviée en permanence pour le simple profit voir logique de ces individus glaçants.
    J’ai 50 ans et je comprends à peine le danger que nous pouvons encourir avec de tels individus perméables à toute émotion.
    Hitler était certainement un pervers narcissique.
    j’ai honte pour l’humanité de comprendre ces mécanismes du corps humains.

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