Comprendre la relation d’emprise avec un PN

Véritable prison, l’emprise psychologique mise en place par le pervers narcissique empêche sa proie de quitter une relation toxique voire dangereuse. C’est comme une chaîne quasi impossible à briser qui entrave la victime. Elle lui fait perdre tout jugement et toute volonté. Finalement, elle l’anéantit et va jusqu’à effacer sa personnalité et même son identité. Voici les 3 phases principales que l’on retrouve dans la relation d’emprise. Les frontières entre les différentes étapes ne sont pas imperméables, donc certains éléments peuvent se chevaucher. Il ne s’agit que de les présenter de façon schématique.

La séduction: c’est trop beau pour être vrai…

Après avoir repéré une victime potentielle qu’il jugera suffisamment manipulable et digne d’intérêt, le pervers passe à l’offensive. Pendant la phase de séduction il offre à sa proie son plus beau visage et met le paquet pour la faire tomber dans ses filets. Quitte à en faire des tonnes. Il est prévenant, attentionné, charmant et apparaît très charismatique. Il lui offre des cadeaux, l’invite au restaurant, lui propose des sorties… Il n’hésite pas à parler « avenir » avec elle très rapidement ou à lui dire des mots d’amour au bout de quelques jours seulement. Rien n’est trop beau pour elle ! Et elle est flattée, même honorée qu’on s’intéresse ainsi à elle.

Et puis il l’écoute, beaucoup même. Il semble s’intéresser énormément à elle, à ses goûts, à sa vie. Evidemment cela la flatte… Mais il faut savoir que s’il est aussi attentif, c’est uniquement pour la cerner, se caler sur ses aspirations et surtout détecter ses failles. Chez le pervers narcissique tout est calculé et il n’agit jamais de façon désintéressée. Il lui offre alors sur un plateau tout ce dont elle a besoin, tout ce dont elle rêve. Le nouveau partenaire comble tous ses désirs et colle exactement à ce qu’elle recherchait. A contrario, le manipulateur parlera peu de lui, sauf quand il s’agira de se mettre en avant, quitte à mentir, pour éblouir sa victime et l’endormir un peu plus. Ou pour se plaindre. Car Le PN adore se faire passer pour une victime et suciter l’apitoiement.

Le ferrage: la mise en cage

Une fois sa victime séduite, le pervers narcissique passe à la deuxième phase de son plan machiavélique: le ferrage. C’est à ce moment-là que le bourreau enferme sa proie à double tour et que le piège se referme littéralement sur elle.

En fait, il s’agit de mettre la victime dans une situation de dépendance telle qu’il lui sera extrêmement difficile de quitter son manipulateur. Il va d’abord la convaincre que tout ce qu’il lui apporte, il est le seul à pouvoir le lui apporter.

Et puis, lui qui était si présent et qui a su se rendre indispensable, peut tout à coup se montrer montrer plus distant et indifférent. Son but est de faire ressentir le manque à sa proie  Il arrive ainsi à créer une dépendance psychologique. On peut même parler d’addiction dans le cadre de la relation d’emprise, comme avec une drogue dure. Mais il va aussi créer une dépendance matérielle ou un lien à vie: s’installer rapidement avec elle,  acheter un bien immobilier en commun, même se marier et avoir un enfant.   

Le manipulateur pourra aussi pousser sa victime à arrêter de travailler pour la priver de ressources financières. Il va également l’isoler insidieusement de ses amis et de sa famille, pour éviter tout regard extérieur sur leur relation. Il ne va pas lui dire directement: « Arrête de tavailler » ou « Arrête de voir tes amis ». Mais il va lui faire comprendre qu’il se sent seul quand elle n’est pas à la maison. Sinon il va dénigrer ses amis, l’air de rien. Ou lui faire remarquer qu’untel n’a pas été sympa avec elle. Ou qu’elle n’a pas besoin de travailler car c’est à lui de subvenir à leurs besoins.

A ce stade-là, la proie entend en général une petite voix qui lui dit de se méfier. Elle sent inconsciemment qu’il y a quelque chose qui cloche. Malheureusement, elle ignore cet avertissement car le manipulateur est très insistant et sait apporter un argumentaire infaillible. Et comme, en plus, en apparence tout est parfait, elle se dit qu’elle aurait peut-être tort de ne pas foncer. Et la voilà prise au piège.

La destruction

Enfin, une fois la victime pieds et poings liés avec son bourreau, celui-ci a le champs libre pour amorcer petit à petit la phase de destruction. Son but ultime est d’anéantir et de détruire totalement sa proie. Alors, le masque de la séduction tombe et le pervers offre son vrai visage. Il utilise toute une panoplie d’outils pour arriver à fins.

Par exemple, il a recours au dénigrement, aux insultes, à la culpabilisation, à la victimisation, à la menace, aux injonctions contradictoires, à l’indifférence et au chantage. Il crie et se met en colère pour des broutilles. La victime ne sait jamais à quoi s’attendre, ce qui la met en insécurité permanente. Il ment, retourne les événements à son propre avantage, déforme les propos, souffle le chaud et le froid constamment pour déstabiliser sa victime. Au début, comme c’est insidieux, la victime ne se rebelle pas. Mais inconsciemment toutes ces paroles finissent par l’affecter.

Et celle-ci finit par croire tout ce qu’il lui dit et n’a plus aucune estime d’elle-même. Elle doute, se remet en question. Elle a l’espoir que tout redevienne comme au début. Elle finit par croire que le problème vient d’elle et fait tout ce que son bourreau lui demande, en espérant l’apaiser et retrouver celui qu’elle connaissait. Il lui dit comment elle doit se comporter, ce qu’elle doit faire. Et elle y croit, et elle essaie de le satisfaire. Et elle s’oublie, oublie ses besoins. Et finalement elle ne sait plus qui elle est.

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